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L’Abandonware, qu’est-ce que c’est ?

Produit culturel à la croisée des arts plastiques, numériques, sonores et cinématographiques, le jeu vidéo est particulièrement affecté par le passage du temps. Une preuve ? La notion d’abandonware n’existe que dans le domaine vidéoludique. Abandonware ? Quel phénomène se cache derrière cet anglicisme ?

 Abandonware, petite définition

Pour commencer, une petite question : quel lien entre GTA II, The Elder Scroll Daggerfall et Le Guide du Voyageur Galactique ? Plus que des très bons jeux qui ont pris un coup de vieux, ce sont tous les trois des abandonware.

Néologisme formé à partir du verbe ‘ abandon’ (abandonner en anglais) et ‘software’ (produit), est tout simplement un logiciel abandonné par ses développeurs ou propriétaires, et donc souvent d’accès gratuit, temporairement ou définitivement. Attention à ne pas confondre avec les produits tombés dans le domaine public ! Contrairement aux certains livres, aux tableaux et dessins ou encore à la musique (parfois), les abandonware ne sont pas tombés dans cette catégorie et accessibles de plein droit et gratuitement : selon la plupart des législations européennes, il faut attendre 70 ans pour qu’une œuvre de l´esprit soit accessible gratuitement par tous. Or les jeux-vidéo ont tous été développés plus récemment, même les tous premiers pionniers tels que Tennis for Two (1958) ou Spacewar (1962).

Mettre les mains sur un abandonware n’a, par conséquence, absolument rien de légal en soi, et ce même si le jeu en question est très vieux, injouable sur les consoles modernes ou bien invendu depuis des années. Par conséquence, un abandonware est un jeu dont les propriétaires ou les ayant-droits en tolèrent l’accès gratuit ou ferment les yeux sur ces pratiques. Il est en effet assez logique qu’un jeu aux ventes désormais insignifiantes et depuis longtemps surpassé par la concurrence puisse être mis entre les mains de passionnés et de joueurs nostalgiques sans qu’ils doivent en payer le prix fort.

abandonware

 Légal ou non ?

Dans la grande majorité des cas, utiliser un abandonware n’expose à aucun risque juridique. Il y a cependant plusieurs types d’abandonware car l’attitude des propriétaires ou des éditeurs est variée. La majorité d’entre eux tolèrent l’usage qui est fait de leurs créations. Sachant pertinemment qu’ils ne perdent pas vraiment d’argent dans cette affaire et qu’au contraire ils contribuent à offrir une seconde vis à des jeux toujours appréciés, ils laissent les joueurs avoir accès au jeu et à le partager en ligne, sans non plus l’ignorer.

D’autres éditeurs ou propriétaires franchissent carrément le pas et optent pour la ‘free release’, en d’autres termes, la diffusion gratuite. L’abandonware est donc légal car distribué et proposé avec le consentement de ses propriétaires. C’est le cas par exemple de Full Spectrum Warrior.

D’autres, peu nombreux mais à la tête dure, refusent complètement tout accès à leurs jeux, même vieux. Ainsi, Lucas Arts, producteur des jeux-vidéos Star Wars, fait la guerre aux distributions de ses vieilles œuvres vidéoludiques. Ainsi, ils se réservent l’opportunité de les vendre dans des packs lors des soldes ou par toute autre offre spéciale.

Les derniers se glissent entre les deux dernières catégories en permettant la diffusion des abandonware sur certaines plateformes, ou en ne diffusant que le code et non les visuels et graphismes, eux toujours protégés  (comme Doom par exemple).

 

Quelques légendes, beaucoup de reliques

Tous les abandonware ne sont pas des vieux jeux (Ground Control, par exemple, date des années 2000) mais les propriétaires et éditeurs ne ferment bien souvent les yeux que sur l’usage non-autorisé de jeux anciens. Par conséquent, les abandonware fleurissent parmi les jeux des années 80 et 90 : King’s Quest IV (1988), Lemming (1991) ou encore Dungeon Keeper (1998) pour n’en citer qu’une poignée. Quelques stars brillent également au firmament des abandonware, comme Command & Conquer Alerte Rouge ou Grand Prix 2. La plupart des jeux ayant bercé votre enfance, bestsellers comme jeux plus anonymes se retrouvent jouables grâce des communautés actives. Alors, nostalgiques ?

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